Offrir un questionnement de type spirituel sans être à proprement parler un pèlerinage et proposer donc des voyages nourris d'occasions de rencontres interpellantes : tel est l'esprit de “Terre de sens”, le nom donné à de nouvelles destinations organisées cette année par les Pèlerinages Namurois.
L'Égypte en mars-avril et la Bourgogne en mai, en attendant le “Paris des monothéismes” en octobre : c'est le programme de la première saison de “Terre de sens”. Pour les Pèlerinages Namurois, il s'agit là d'initiatives nouvelles même si elles sont reliées à l'esprit général qui prévaut depuis un siècle. Cela fait déjà de nombreuses années que les Pèlerinages Namurois diversifient leurs destinations : au très classique séjour à Lourdes se sont ainsi ajoutés des pèlerinages vers Lisieux, la Terre Sainte, le Mont-St-Michel... Et, bimillénaire de sa naissance oblige, une “croisière oecuménique Saint-Paul” est programmée pour septembre-octobre vers la Grèce et la Turquie. Les destinations “Terre de sens” s'inscrivent dans un contexte différent : “Les voyages font aujourd'hui partie de la vie des gens, qui sont donc prêts à aller plus loin”, dit Bertrand Tavier, membre de l'équipe namuroise. “Certains donnent une connotation désuète aux pèlerinages, tout en marquant un intérêt pour les questions de sens. Ils veulent des voyages qui leur donnent des clés de lecture du passé pour se nourrir aujourd'hui.” L'abbé Philippe Goffinet, directeur des Pèlerinages, souligne la demande de voyages qui ne présupposent pas une pratique religieuse régulière. Et voilà comme le concept de “Terre de sens” a vu le jour : sans prosélytisme mais sans renier non plus les racines chrétiennes : “À une époque où le fait religieux réapparaît avec force et parfois violence dans notre société, nous voulons proposer des voyages ayant en filigrane une démarche de questionnement. Au travers de rencontres, de visites, nous voulons nous laisser interpeller par ce que nous découvrons.” Le mot rencontre est ici déterminant, là où le pèlerinage traditionnel est davantage centré sur le groupe des pèlerins euxmêmes.