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Droits de l' homme

Pas de vacances pour les sans-papiers : Dans l'attente d'un médiateur

Décevant l'attente de nombreux sans-papiers, le gouvernement est parti en vacances sans avoir apporté de solution à ce dossier brûlant. Il plonge ainsi les sans-papiers dans un profond désarroi, qui risque de conduire certains d'entre eux à des gestes désespérés.



On évalue à plus de 100.000 le nombre de sans-papiers en Belgique. Un certain nombre d'entre eux sont des demandeurs d'asile déboutés, souvent après une longue procédure. D'autres n'ont jamais eu de permis de séjour. Beaucoup d'entre eux sont animés d'un vif désir de voir leur situation régularisée et de pouvoir travailler et vivre en Belgique. Depuis 2004 surtout, ils ont commencé à s'organiser eux-mêmes : au printemps de 2006, de nombreux sans-papiers furent accueillis dans des églises et autres lieux publics. Ils espéraient faire inscrire dans la nouvelle loi sur l'asile, qui devait être votée en juin 2006, des critères permanents de régularisation. Leur espoir fut déçu. Mais les partis favorables à leurs revendications s'engagèrent à mettre la question à l'ordre du jour d'un prochain accord de gouvernement.

Les actions ont repris fin 2007 et surtout en 2008, pendant que s'éternisaient les négociations de l'Orange bleue, puis que se mettaient en place le gouvernement Verhofstadt et enfin le gouvernement Leterme. L'accord du gouvernement, conclu le 18 mars, a donné l'espoir d'une solution. La ministre de la politique de migration et de l'asile promettait pour le mois de mai une circulaire d'application.



Respecter leur choix

Dans ce contexte, les initiatives des organisations de sans-papiers se sont multipliées. Les résultats obtenus par des grèves de la faim, bien que toujours aléatoires, ont ancré dans l'idée d'un certain nombre que c'était là le seul moyen d'obtenir quelque chose. Le report du délai a conduit à l'exaspération des actions : après la grève de la faim, grève de la soif, et maintenant l'occupation des grues. Les associations, les avocats, les " voisins " qui accompagnent les sans-papiers, comme les autorités morales et politiques, désapprouvent ces méthodes extrêmes. Mais les plus proches, ceux qui perçoivent de près leur détresse se déclarent incapables de les blâmer et contraints de respecter leur choix.

Dans une telle urgence, le silence du gouvernement et de la ministre responsable est profondément choquant. Sur ce point précis, ce gouvernement profondément divisé semblait pourtant être parvenu à un accord. Même si l'on peut espérer, du côté des sans-papiers, de leurs leaders et de leurs alliés, que des voix responsables arrivent à calmer le jeu, la responsabilité du gouvernement est engagée. Comme le demande le Forum Asile-Migration (coordination de 120 associations), dans un communiqué de presse du 31 juillet, il faut que le gouvernement adopte sans tarder une circulaire contenant des critères clairs et qu'en attendant (s'il faut vraiment attendre) il désigne un médiateur de crise pour répondre aux sans-papiers en action.





Jean-Marie FAUX


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