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Parle -t'on trop de sexualité aux enfants ?
Par rapport à la génération de leurs parents, les enfants et les jeunes vivent aujourd'hui dans une société où la sexualité est surmédiatisée. Certains parents s'en inquiètent, d'autres ont l'impression qu'ils n'ont plus rien à leur apprendre. Que faut-il en penser ?
Quoi qu'on puisse en penser, les jeunes d'aujourd'hui sont beaucoup moins informés qu'on pourrait le croire. La sexualité reste un tabou au sein de nombreuses familles et les parents attendent souvent que ce soit l'école qui en parle. C'est en tout cas ce que ressentent les animatrices en éducation affective et sexuelle dans les écoles. En outre, comme on sait que les jeunes sont confrontés à de nombreuses images mettant en scène la sexualité, on a l'impression qu'ils connaissent tout, mais c'est un présupposé qui est loin de se vérifier dans tous les cas.
Des informations correctes
À partir de quel âge faut-il parler de sexualité ? se demandent beaucoup de parents. Le meilleur moment, c'est quand ils posent des questions... et les enfants en posent très tôt. Ils voient que leur institutrice a un gros ventre et ils demandent pourquoi... Il n'y a aucun intérêt à leur dire que les enfants naissent dans les choux. On peut répondre à leurs questions avec des mots qu'ils comprennent, mais en leur donnant des informations correctes, que l'on précisera au fur et à mesure qu'ils grandissent.
Certains craignent que parler de sexualité n'incite les jeunes à passer à l'acte, mais cela ne se vérifie pas : l'âge moyen du premier rapport sexuel n'a pratiquement pas évolué depuis plus de 20 ans et reste aux alentours de 16 ou 17 ans. Par contre, quand on ne répond pas aux questions des enfants, on suscite encore plus de curiosité, qu'ils cherchent parfois à assouvir par Internet (toutes les études récentes montrent qu'un très grand pourcentage d'enfants de moins de douze ans regarde de la pornographie sur Internet). Si on leur avait parlé simplement et naturellement de sexualité, ils auraient peut-être eu moins recours à cette source d'information.
Le rôle des parents
Quand ils posent des questions sur la sexualité, les jeunes ont besoin de réponses, mais ils ont aussi besoin de sentir qu'ils sont reconnus comme des êtres sexués, qui ont des sensations sexuelles. Ils sont aussi taraudés par la question : “Suis-je désirable ? Quelqu'un va-t-il m'aimer ? “ S'ils peuvent recevoir l'information par d'autres canaux, c'est un rôle essentiel des parents de leur offrir cette reconnaissance. Par contre, ils n'ont pas besoin que leurs parents se mettent à échanger sur leur intimité propre, ni surtout qu'ils cherchent à s'immiscer dans leur intimité.
Les adolescents ont envie de se sentir aimés, mais ils ne sont pas sûrs d'eux, de leurs sentiments, de leur partenaire. Ils hésitent parfois à faire le pas mais sont baignés dans une culture qui les incite à la jouissance, au “tout, tout de suite”. En tant que parents, on aimerait qu'ils fassent le bon choix au bon moment, on voudrait leur éviter toute souffrance. Mais ils doivent faire l'apprentissage de la vie affective, de la rencontre des autres et de la connaissance de soi-même. On ne peut pas éviter à ses propres enfants les difficultés, les souffrances, les échecs et les erreurs.
On présente souvent la sexualité aux jeunes de manière très romantique, mais ils vivent dans un monde où la violence est banalisée et où des images violentes de la sexualité sont facilement accessibles. Inutile de rejeter la responsabilité de la violence sur les autres, la question pour des parents est de savoir comment ils peuvent être tendres avec leurs enfants. En actes et plus en paroles. Ne parlons pas de tendresse, soyons tendres ! Si on ne peut pas les empêcher d'avoir accès à des images violentes, on peut leur dire que ce n'est pas le modèle unique et leur donner d'autres images.
Et avec les ados ?
Évidemment, à l'adolescence, la communication avec les parents est parfois très difficile. Alors, que faire ? Le rôle des parents est peut-être à ce moment d'indiquer à leurs enfants les lieux, comme les centres de planning, où ils pourront trouver une écoute de leur mal- être, une réponse à leurs questions, un interlocuteur... Par ailleurs, même si le jeune “envoie promener” ses parents ou ses proches quand ils se préoccupent de sa vie affective, il ne faut pas trop s'en formaliser. Ce qui est important, c'est qu'il perçoive qu'il y a quelqu'un qui se soucie de lui...
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José GÉRARD , Rédacteur en chef des “Nouvelles Feuilles Fami
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