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Benoît XVI aux Etats-Unis: un programme intense
A l'occasion de sa première visite aux États-Unis, du 15 au 20 avril, Benoît XVI fera étape à Washington et à New York, deux villes au riche héritage catholique. Mais les fidèles et curieux américains auront peu d'occasions de voir le Pape de près, pour des raisons de sécurité et de programme chargé.
Le voyage de Benoît XVI devrait avoir un écho moindre que ceux de son illustre et charismatique prédécesseur Jean-Paul II. Non seulement son déplacement est limité à la Côte Est, ce qui est peu pour un pays qui a la taille d'un continent, mais en plus, pour des raisons évidentes de sécurité, trois événements publics, seulement, ont été inscrits à son agenda. Et même ces jours-là, précisent les organisateurs, il ne sera pas facile pour les Américains de voir le Pape de près. De fait, tout a été conçu pour qu'aucun “intrus” ne puisse pénétrer dans les lieux de rassemblement sans autorisation. Les forces de police le reconnaissent d'ailleurs elles-mêmes : le niveau de sécurité pour la visite du Pape sera le même que pour le Président des États-Unis.
Le Vatican et les organisateurs américains insistent toutefois pour que l'on ne réduise pas cet événement à sa seule dimension sécuritaire. “Ce sera un voyage bref mais intense, riche de rendez-vous de grande signification, et pas seulement spirituelle“, a souligné le P. Federico Lombardi, directeur de la salle de presse du Saint-Siège. Il y aura tout d'abord, le 18 avril, la visite du Pape aux Nations-Unies, où il parlera des fondements des droits humains aux membres de l'Assemblée générale. Comme Paul VI et Jean-Paul II le firent en leur temps, il devrait également y lancer un appel au respect de la liberté religieuse et à la promotion de la paix.
Pas d'immixion politique
Mais le voyage aura aussi une dimension pastorale. Ainsi, le Pape rencontrera-t-il, tout au long de ces jours, les principales composantes de l'Église des États-Unis : les cardinaux et les évêques, bien sûr, mais aussi les prêtres et les religieux, ainsi que les représentants du laïcat américain. Trois messes sont également inscrites au programme : une à Washington, au “National Stadium”, le 17 avril, et deux autres à New-York. La première aura lieu, le 19 avril, à la cathédrale Saint-Patrick, et la seconde, le 20 avril, au “Yankee Stadium”.
Sur le plan politique, Benoît XVI est bien conscient d'arriver en pleine période électorale. Il évitera donc très probablement, au cours de son voyage, de s'immiscer dans les débats entre républicains et démocrates, ou de départager Hillary Clinton et Barak Obama. Aucun des candidats, de toute façon, n'est catholique. Le mercredi 16 avril, le Pape rencontrera toutefois le Président George W. Bush, dont le mandat s'achève fin 2008. “Benoît XVI encouragera sans doute certains points de sa politique“, explique le cardinal McCarrick, archevêque émérite de Washington, dans la revue “Famille chrétienne”, “mais il en pointera d'autres. Le Pape devrait encourager le Président à poursuivre ses récents efforts de médiation en Terre sainte. On sait par ailleurs qu'il apprécie ses positions fermes sur l'avortement. Mais il existe aussi d'autres sujets plus délicats. Je pense évidemment à la guerre en Irak, mais aussi aux carences de la politique nationale en matière de santé ou d'immigration.“
Apaiser les tensions
Enfin, Benoît XVI entend bien profiter de ce voyage de cinq jours pour renforcer ses relations avec les autres religions et confessions chrétiennes. Ce qui ne sera probablement pas inutile, puisque, selon un sondage réalisé en mars dernier auprès de 1.000 personnes par l'organisation Pew Research, les efforts du Pape pour améliorer les relations entre les différentes religions sont jugés “moyens ou faibles” par 40% des Américains contre 39% d'opinions positives. La communauté juive fera toutefois l'objet d'une attention particulière au cours de ce voyage, puisque deux rencontres ont été inscrites au programme. L'occasion pour le Souverain Pontife de souhaiter une joyeuse fête de Pessah aux membres de cette communauté et, qui sait, d'apaiser les esprits suite à la controverse sur la Prière du Vendredi Saint.
Photo : Lors de la visite de George Bush au Vatican en juin 2007.
Crédit : Osservatore Romano
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